En haut au mileu: Caporal Gwenael PILORGE, né le 26 décembre 1979 à DINARD. Rentré à la Brigade le 04 juillet 2000 et tu as intégré la caserne de Champerret le 01 janvier 2001. (1er chef au Fourgon d'Appui)
En haut à droite: Sapeur Benoît LARMINIER, né le 02 août 1980 à AGEN. Rentré à la Brigade le 13 mai 2002 et tu as intégré la caserne de Champerret le 02 septembre 2002. (Servant au Premier Secours)
En bas à gauche: Caporal Matthieu IRIGOIN, né le 08 février 1979 à ORTHEZ. Rentré à la Brigade le 05 septembre 2000 et tu as intégré la caserne de Champerret le 01 janvier 2001. (2ème chef au Fourgon d'Appui)
En bas à droite: Caporal Romuald MOTTIN, né le 23 septembre 1978 à SAINT-LO.Rentré à la Brigade le 04 janvier 2000 et tu as intégré la caserne de Champerret le 01 mai 2000. (Chef d'équipe au Premier Secours)
Ils avaient 27, 24 et 22 ans. "Sauver ou périr" était leur devise. Ils étaient cinq pompiers au sein de la prestigieuse Brigade de sapeurs-pompiers de Paris. Soldats du feu, Thomas Romuald Gwenaël Matthieu et Benoit sont morts au front samedi soir dans le couloir exigu d'un immeuble de Neuilly-sur-Seine en luttant contre un banal "feu de chambre de bonne".
Le président Jacques Chirac a rendu hommage "au courage extraordinaire de ces hommes qui ont trouvé la mort au coeur de leur jeunesse, en se portant au secours d'autres vies, celles de femmes et d'hommes menacés par les flammes,celles de leur propres collègues aux prises avec le feu".
L'histoire est simple et tragique :
Samedi 14 septembre, 18H11. Les pompiers sont appelés pour un "feu de chambre", au sixième étage d'un immeuble du 43 de l'avenue Sainte-Foy à Neuilly. "C'était un petit feu comme on en fait 20.000 par an", dira plus tard un sapeur de la caserne Champerret à laquelle appartenaient les victimes.
Les cinq jeunes soldats, harnachés, casqués, équipés de masques respiratoires, escaladent les étages. Ils arrivent dans le couloir du 6e. De fortes émissions de fumée se font sentir au travers d'une porte. Là est le foyer de l'incendie, le feu qui menace tout l'immeuble et ses occupants.
Ils sont entraînés, rompus à ce type d'intervention. Ils enfoncent la porte. Une première explosion se produit, terrible, létale. Un puissant effet de chalumeau dans ce couloir obscur de 60 centimètres de largeur. Deux hommes tombent. Dix minutes plus tard, une autre équipe ouvre une seconde porte. Une seconde explosion se produit et emporte trois autres pompiers.
Les techniciens du laboratoire scientifique de la préfecture de police de Paris diront qu'un "phénomène de combustion lente, pouvant venir de la literie de la chambre vide de l'occupant (...) a eu pour effet d'accumuler dans la pièce en très grande quantité des gaz imbrûlés portés à très haute température".
A l'enfoncement de la porte par les sapeurs-pompiers, s'est produit un "phénomène d'embrasement soudain de la poche de gaz avec un effet d'explosion"."C'est un phénomène bien connu chez nous. On l'appelle flash-over. C'est l'appel d'air qui déclenche l'explosion, en modifiant le mélange gaz/air.
C'est très difficile à voir: on intervient sous appareil respiratoire isolant,on ne peut pas voir ni sentir le gaz", a expliqué de son côté un spécialiste de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris.
Les cinq hommes sont à terre, foudroyés par le double effet de brûlure et de blast (souffle) qui provoque des lésions internes irréversibles. Leurs camarades, qui sont parvenus à éteindre le feu, les transportent dans les ambulances de réanimation au pied de l'immeuble. Etat de mort apparente,"arrêt cardio-ventilatoire" disent les médecins. Ils sont transportés à l'hôpital Percy de Clamart où les chirurgiens ne peuvent que constater les décès.

